Déjà deux ans

Deux ans déjà ont passé depuis l’écriture d’un poème « fondateur », mélange gris bleu. Celui-ci est réapparu hier sur mon compte Facebook, à la faveur des souvenirs que le réseau social a gardé lui en mémoire et qui remontent à la surface, qu’ils fassent plaisir ou non. Daté du 11 décembre 2017, le site que je gère n’était pas créé. Mais ces trois courtes strophes avaient du coup motivé la création d’un blog dédié. J’y trouvais une sorte de marque n’appartenant qu’à moi, portant un style particulier. Ce poème était une oeuvre qui me plaisait et s’était naturellement détachée de ma propre conscience. Devenue extérieure, étrangère pourtant. Elle s’était affranchie de son auteur.

Une sorte d’étendard dont le thème principal est l’Amour. Amour joyeux, amour malheureux, contrarié ou… absent. Que dit ce poème ? Il décrit quelqu’un marchant dans une allée bordée d’arbres entre automne et hiver et croisant les regards de femmes. Ces femmes dont les yeux sont éclairés par la lumière du matin expriment à la fois de la joie mais aussi de la tristesse. Mais le poème choisit plutôt le côté sombre, en évoquant dans la deuxième strophe les larmes des malheureuses. La description met en scène des couleurs et éléments suggestifs plutôt tristes ; le gris, le noir du trottoir, les feuilles mortes qui… se noient, les flaques, les regards vides, un ciel tourmenté. Plus que de la tristesse, c’est l’idée de la Mort qui ressort. Analogie de l’entrée dans l’hiver, l’annonce de la fin d’un cycle, celui de la Vie.

D’un autre côté, l’Espoir est toujours là, le bleu d’un ciel laissant apparaître par moments une lumière se reflétant dans leurs yeux. Gris morose, infini bleu ouvrant des champs d’élévation spirituelle, charnelle, idéale. Cet homme (ou cette femme) qui éprouve ce qu’on pourrait dénoncer comme étant de la pitié, se mettant lui-même au-dessus de ces pauvres femmes dans une situation de dominant, éprouve lui-même une profonde tristesse… Dans ce monde qu’il trouve noir et dont les êtres sont noircis par les douleurs de la Vie. Il aimerait leur dire combien il les aime, les admire.

(12/12/2019)

Se bâtir une philosophie (chap. 4)

« Le progrès des Sciences et des Arts corrompt les mœurs, parce que les sciences, nées de l’oisiveté, engendrent la richesse et que les arts provoquent le luxe et la fatuité ». C’est ce qu’écrit Bernard Gagnebin dans la préface des « Ecrits politiques » de Jean-Jacques Rousseau, réunis dans la Pleïade, pour résumer la pensée du philosophe du 18ème siècle, auteur du fameux « Contrat social ». Bien avant de théoriser sa vision politique d’une société souveraine (à l’origine des régimes démocratiques), Rousseau participe au concours de l’Académie de Dijon dont le thème est : « Le rétablissement des Arts et des Sciences a t-il contribué à épurer les mœurs ? »

Rousseau est intéressant car il remet l’Homme au cœur de ce qui constitue la société. Dans mon approche philosophique, son idée de retrouver l’Etat de nature et de s’y conférer essentiellement ou d’y trouver les raisons d’espérer me plaît bien et vient à point nommé… Dans cette réflexion de chercher à savoir ce qui lie les individus d’une société ou d’un Etat entre eux et ce qui les empêche de se désunir, le citoyen de Genève revient aux origines.

Ma question était bien de répondre et d’expliquer, en traçant un raisonnement logique, dans quelle mesure, individuellement, l’intuition sur le rôle et/ou l’importance de la « loi naturelle » permet de résister à une vie difficile, moins dure sans doute qu’il y a deux siècles mais « corrompue » également, d’une autre façon et dans un autre contexte. Cette intuition ne vient pas d’elle-même, elle s’est construite dans mon esprit à travers l’écriture, dont la poésie mais aussi un roman autobiographique inachevé, dans une structuration d’exercice réflexif.

Car, l’essence même de notion de nature contient toute la panoplie des sens de l’Homme, donc de ses émotions, dans ce qu’il y a de plus vraie (réelle), sincère, voire éthique (pour Rousseau sans aucun doute). Quand je conclue dans le chapitre 3 que le dérèglement n’est pas seulement climatique mais est aussi lié aux Hommes, plutôt à leurs raisons, ça ne date donc pas d’hier ! Rousseau et avec lui, Hobbes, Locke, Montesquieu et d’autres, beaucoup de philosophes de l’époque réhabilitent l’Homme « sauvage », vivant dans un environnement naturel en bonne harmonie.

Certains, à la lumière de ce qu’ils voient à l’époque, considèrent que l’Homme a rétrogradé depuis l’époque Antique, référence par excellence. Et visent « la cupidité de l’Homme, son ambition dévorante, son appétit de domination, sa passion pour l’argent. » (Bernard Gagnebin, « Introductions ». « Ecrits politiques ». Jean-Jacques Rousseau. Collection La Pleïade. Editions Gallimard. 1964.). Pour Rousseau, et avant Proudhon, dès que l’homme a voulu s’arroger le droit de posséder, cet instinct de propriété a créé inévitablement le désordre… (« Le premier qui ayant clos un terrain s’avisa de dire Ceci est à moi et trouva des gens assez simples pour le croire , fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui, arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne ». JJ. Rousseau, cité dans « Introductions aux Ecrits politiques »).

Si certains pensent l’homme mauvais (Hobbes, auteur de la célèbre citation L’Homme est un loup pour l’Homme) en tant qu’individu, le citoyen genevois estime que c’est la société dans son ensemble et son organisation – politique – qui ont favorisé les conditions de la disparition de la vertu et la prééminence de la corruption.

Rousseau, dans un de ses premiers « Ecrits politiques » jette un pavé dans la mare ou fait un sacré « buzz » ! A l’époque des Lumières, faites de certitudes cartésiennes basées sur la raison et le progrès scientifique et technique, et alors que la révolution industrielle est en marche, certains nous disent, « Attendez ! Revenez en arrière, nous avons fait fausse route !! »

Aujourd’hui, nous voyons que les idées du philosophe n’ont pas vraiment abouties positivement. Pourtant, beaucoup de partis, de gouvernements, de chefs d’Etat s’en sont inspirés (je pense à Fidel Castro, mais je pourrais en citer d’autres, moins extrêmes). Mais, on est très loin de retrouver les valeurs humaines premières mises au service de l’intérêt général dans ce projet de Contrat social où les citoyens décidant et s’accordant sur un pacte équitable du « vivre ensemble » s’épanouissent dans une société heureuse.

Je pourrais continuer indéfiniment à parler d’auteurs, de grands philosophes et d’y trouver des solutions à mes propres questionnements ou à ceux du monde. En philosophie, quand on commence à tirer un fil, d’autres le rejoignent, ils s’entremêlent et ouvrent toujours d’autres directions, perspectives, concepts… cette pensée est infinie. C’est une sorte de grosse pelote de laine à disposition… Heureux celui qui peut, les longues soirées de lecture et de réflexion, se confectionner un pull bien chaud pour l’hiver… (à suivre)

(21/11/2019)

Se bâtir une philosophie (chap. 3)

Ce qui nous fait résister à une vie difficile à vivre, c’est (pour ma part), la certitude qu’il est possible de raisonner dans le rapport que les êtres humains ont ou sont avec le monde. Monde ou plutôt nature dans ce qui regroupe l’air, les végétaux, les animaux, la terre, les mers et océans, le vent, le soleil, les astres, etc… Tous les éléments naturels existants et connus qui n’ont pas la capacité du langage, d’une conscience, n’étant pas pourvus d’un esprit de raison.

Ainsi, si dans nos conduites de vie, il nous apparaît que les actions pourraient être condamnables et condamnées, nous devrions nous en référer essentiellement à la Nature. Moi-même, initialement être « naturel », le seul jugement valable concernant ces actions ne peut être que celui que la Nature me renvoie.

Pourtant, dans nos sociétés actuelles, l’on ne peut se positionner qu’à l’échelle des communautés humaines, porteuses de lois, de références religieuses, dogmatiques ou idéologiques. On nous a appris dès l’enfance ce qui est bien et ce qui est mal, ce qui est bon pour nous et ce qui est mauvais. Et, au-delà des lois et règles en vigueur, respectées ou non, il y a les idées de chacun sur le bien et le mal. Les jugements « libres » qui, selon les caractères, émotions, sentiments, opinions, parti pris, varient sous une forme particulière et individuelle ou de façon collective et sont consentis dans toute société libre et démocratique.

Or, ces idées et jugements ne se basent rarement sur un « ordre naturel », à part peut-être dans des sociétés qui se sont développées en contact et à l’unisson de la nature à l’instar des peuples primitifs. Pendant des siècles, voire des millénaires, l’Homme s’est éloigné de cet état de nature, en développant des cultures à travers les techniques, les sciences, les Arts (de la guerre le plus souvent)…

Non seulement en voulant la comprendre (la nature) et l’expliquer mais aussi et surtout en voulant la dominer, allant jusqu’à massacrer ses semblables afin de conquérir de nouveaux territoires, y puiser des ressources et y installer sa main mise et développer une expansion économique et politique.

Il se trouve , en tout cas, JE trouve que nous sommes arrivés à un point ultime, voire de non-retour. Bien sûr, on peut évoquer le dérèglement climatique, le réchauffement de la planète, le pillage et l’épuisement des ressources, le fossé grandissant entre des puissants exploiteurs et des peuples perdus sans plus aucune identité. Les dégâts sont immenses et certains parlent même d’une « fin du monde » imminente.

Mais, il n’y a pas que la Nature qui est touchée. Il y a un certain dérèglement dans les esprits et les raisonnements. (à suivre…)

(13/11/2019)

Amie Amour

Il faut que je me souvienne
Quand je t’ai serrée dans mes bras
Tu pleurais et je t’ai consolée

J’avais disparu et t’avais oubliée
Le temps d’une après-midi
Pour toi une éternité

Les yeux rougis de colère et de tristesse
Tu ne cherchais pas à savoir où j’étais
Simplement ton cœur souffrait

Enlacés, tes larmes chaudes
Coulaient dans le cou
Ton amour débordait d’un coup

Puis, les gestes et les mots sont venus
T’étreindre et sentir le puissant Amour
Me donner la force de ne pas sombrer moi aussi

Comme un père avec son enfant
Savoir être celui qui est présent
Quoiqu’il arrive dans ce moment

Mais, plus encore, devenir l’aimant
Transformer l’amourette vers le sentiment
Donner un signe puissant se révélant

Jamais je n’oublierai cet instant
Quand la sincérité des sentiments
Surgit magiquement.

(8/11/2019)

Se bâtir une philosophie (chap. 2)

Créer les conditions d’une vie confiante voire heureuse, pour soi (donc un peu aussi pour les autres) grâce à la philosophie est relativement banal. Créer une philosophie comme on crée un mode d’emploi que chacun s’applique à soi-même est plus ardu.

Et mieux, survivre à son concept et rejoindre le Panthéon des grands philosophes de Platon à Derrida dépasse votre « simple » personne et vous rapproche de l’universel et du genre humain.

Dans cette recherche plutôt récente de la confrontation d’une expérience personnelle et de textes et concepts philosophiques, une ou plusieurs idées ont néanmoins émergées. Ces idées sont venues pour ma part d’une nécessité, de celle dont parle Gilles Deleuze lors de ses cours donnés à Paris 8 sur la peinture. Ce besoin naît d’une « catastrophe » , celle représentée dans des tableaux d’avalanches, de tempêtes.

Mon désir soudain d’écrire, de faire des poésies notamment, vient d’une catastrophe. Catastrophe vécue et contenue dans l’acte créatif. Tout se désagrège, éclate et se dissout dans l’écriture.

Mais pourquoi je soigne mes maux qui sont chaos et catastrophe à tout point de vue ? Sans doute parce que je m’en libère. Je dépose à côté de moi les débris. Et imagine un après.

Parler d’optimisme et d’entrain en effet, cela est maintenant possible.

(16/10/2019)

Médiacratie

L’esprit transpercé de part en part

De bruits et de discours contradictoires

S’énerve des mots de trop ou mal choisis

S’entrechoquant dans un brouhaha permanent

Idées, mots, messages, sons et couleurs

Réduits à de pauvres signes sans saveur

Nous nous y accrochons pourtant sans raison

Jusqu’à la saturation puis la démission

Avant que nos cerveaux deviennent bouillie

Arrêtons le massacre de ces manières malapprises

Égarées sur l’autel des prières intempestives

Brouillées car amplifiées par la Médiacratie

(8/10/2019)

Séduction

Ne te découvre pas si vite

Prends le temps d’ajuster ton moi

Dans tes gestes, ton âme et ta voix

Laisse le silence révéler l’indicible

Choisis tes mots les plus beaux

Tu sais qu’ils feront mouche

Regarde l’autre en bienveillant

Donne ce que tu es au plus profond

La suite, personne ne la connaît

Hasard ou destin , c’est une histoire

Peut-être sans lendemain. Mais

Tu trouveras de quoi rêver.

Ce n’est pas une histoire d’amour

Peut-être le début d’une idylle

Séduction irréelle mais sensuelle

L’essentiel n’est pas d’aimer mais de se rapprocher.

(21/09/2019)

Romancier sous surveillance

C’est donc cela. Je viens de comprendre en profondeur, ce qu’intuitivement je percevais en surface. Les silences gênés, les questions prêchant constamment le faux, des conversations immergées dans un bain d’hypocrisie, conduisant inéluctablement à des clashs.

Puis, le silence, plus d’appels, plus de visites pas plus que d’invitations. Une ambiance mortifère de haines, de rancœurs, de jalousies, contrebalancée par de la médisance méticuleusement entretenue.

Et là, il me semble que je suis complètement dans l’air du temps littéraire, sans me vanter. Pourtant quand j’annonçais vouloir écrire le roman de ma vie, je ne pensais pas à mal. Car, c’est dans cet exercice d’introspection créatrice que je me sens le plus à l’aise, que j’ai du plaisir à écrire. Je ne me vois pas raconter une histoire imaginaire, c’est pas mon truc.

J’imagine que beaucoup de proches (familles et ex amis) ont sonné le tocsin et ont pensé : ça y est, il va tout balancer ! Balancer quoi ? Évidemment, quand on évoque sa vie, l’entourage et notamment sa famille sont amenés à apparaître dans ce roman autobiographique. Et quand cette famille est passablement déjà éparpillée « façon puzzle », avec en sus, des questions d’héritage en jeu (normal !), on comprend que l’on ait peur de s’en prendre pour son grade.

Que Nenni ! Et d’ailleurs, que dévoile le début du « roman digital gratuit et expérimental à épisodes » « La vie recommencée » dont ils ont si peur ?

Pas grand-chose de très croustillant à vrai dire. Je parle surtout de moi et c’est un peu moi qui prend des risques, littérairement parlant. Et quand je parle des proches sous des prénoms d’emprunt, c’est plutôt pour les flatter que pour les accuser ou les renier. Mais de quoi ont-ils peur ? Il n’y a véritablement pas de secrets de famille à ma connaissance, à part cette maladie que j’ai vécue, mais c’est de notoriété publique et je n’en ai pas honte.

L’avantage de ce roman en ligne est qu’au fil de l’écriture, on ait constamment au-dessus de son épaule le lecteur qui vous juge et, quelquefois, vous demande de rectifier, de changer ou d’arrêter immédiatement. Ce n’est pas comme le roman autobiographique de Yann Moix qui sort brutalement et, telle une bombe atomique , explose toute la haine d’un coup, déclenchant une déflagration si importante qu’elle ratatine tous les autres (bons) livres de la rentrée. Moi, au moindre signe, je suis prévenu que ça va pas être possible, pour l’instant en tout cas et j’arrête ou je me radoucie.

En fait, ce n’est pas que je plie, que je m’abaisse, que je me couche. C’est que vraiment, ça n’en vaut pas la peine. Le problème qui se passe, je pense, n’est pas dans la possibilité de dénoncer des choses factuelles (comme les sévices qu’auraient reçus les Moix dans leur enfance) mais d’entretenir cette haine qui ne prend aucunement sa source dans les problèmes de ma vie et de la leur. C’est une manière de détourner les choses. A moins qu’ils aient véritablement des secrets que j’ignore et, dans ce cas, ils ont des choses à cacher…

Alors voilà. J’ai décidé d’arrêter ou de suspendre « La vie recommencée » (de publier sur ce blog en tout cas). Mais je continuerai à écrire et cette partie de moi qui reste attachée à mes racines familiales mais aussi à mes amis proches ou lointains, s’exprimera et se livrera sous d’autres formes. La chance de l’écriture est qu’elle est libre et qu’elle s’invente chaque jour.

(18/9/2019)

Séparation

La porte s’est refermée tout doucement

Sans claquer, sans effarement. Et

Docilement, sans bruit, tu es partie.

Dire :  » Reste là près de moi,

Sèche tes pleurs, ne t’inquiète pas ».

Retenir le plus beau des serments.

Mère aimante, savante et amante,

Femme idéale du temps passant,

Garde en toi le mystère d’antan et présent.

Quand le ciel de ses tourments et l’humanité de ses noirs penchants

Secouent les êtres et les éléments indistinctement

Tu es le refuge des incertains et l’aube du soleil levant.

(16/09/2019)

Se bâtir une philosophie

Depuis la création de ce blog, écrivant des poésies, parlant de création d’écriture, de son origine, citant des auteurs et des philosophes, il me semble qu’une idée se développait, que se bâtissait une philosophie, « ma » philosophie. Je serais bien présomptueux de dire que je suis devenu un philosophe (à ce propos, je vous conseille d’écouter l’émission du vendredi de l’émission les « Chemins de la philosophie » sur France Culture où des philosophes sont invités à parler de leur « métier »). Je suis sans doute devenu d’abord philosophe avant d’être un philosophe, n’ayant aucune légitimité, sans diplôme, pour enseigner par exemple. Bâtir une philosophie, par rapport à soi et au monde, s’est fait dans mon cas en reliant ces écrits avec des expériences intérieures, intimes. Cette construction a permis de (re)donner du sens et une conduite de vie. Sans que cela soit calculé et réfléchi.

Il est des hasards que l’on n’attend plus et qui arrivent, même tard. Je ne voudrais pas m’étendre sur une expérience personnelle qui plus est intime. Mais cela montre à quel point toute recherche de la vérité fait se rencontrer d’un côté un être avec ses affects, sensations, intuitions et, de l’autre, des idées, concepts, des constructions déjà bâties venant du passé qui éclairent et des auteurs reconnus.

On ne peut pas créer soi-même sa ou une philosophie en ne partant de rien. A moins d’y passer sa vie, de la naissance jusqu’à la mort et dire, à la fin, « voilà ce que je crois, regardez mon parcours, mon comportement, j’estime, sans qu’il soit un modèle, qu’il est néanmoins louable ou tout du moins respectable ».

J’ai souvent évoqué le nom de l’essayiste philosophe Roland Barthes dans ce blog et j’avoue que, malgré qu’il soit mort depuis près de 40 ans, ses écrits ont permis de rectifier une trajectoire de vie qui aurait pu s’avérer fatale. Pour tenter de savoir ce qui se joue dans ce qui vous arrive, quand vous n’avez pas les explications, les mots ou éventuellement les conseils de spécialistes, vous devez aller chercher par vous-même et faire un travail d’enquête.

Quand le problème est ressenti au plus profond de votre être, c’est plus facile. Pas besoin de traitement, ni de médecin. Mais des livres, des lectures, des paroles, des pensées construites, intuitives et logiques suscitant l’interrogation, la réflexion. Et des livres de philosophie surtout ! Qui peut mieux que les penseurs donner quelques voies de sortie pour repartir sur une route plus sereine, avec en prime de l’entrain et de l’optimisme !

Depuis ce blog, mes raisonnements, mes échanges avec mon entourage se sont améliorés. Mieux, lors des fins de soirée, lorsqu’on refait le monde entre amis, je peux exposer de la manière dont je réussis à vivre dans ce monde si difficile, en acceptant bien sûr des autres leurs objections et leurs propres visions. C’est bien cela la philosophie… non pas seulement celle apprise au Lycée (désolé pour les Terminales qui font la rentrée des classes demain !), mais celle que vous prenez le temps de construire par vous-même aux travers des lectures et de vos propres expériences.

(1/09/2019)

La possibilité des nuits (suite)

Il y avait des nuits où la constellation était purement artificielle. Au lieu d’étoiles, dans le silence du monde nocturne, l’endroit confiné était bombardé de faisceaux lumineux. Dans les angles morts où les ombres dessinaient des silhouettes féminines, la nuit ouvrait des champs de désirs. Matthias aimait ces nuits en boîtes de nuit où le temps s’arrêtait. Les musiques ajoutaient au rêve les possibilités d’amours.

Les fêtes nocturnes se succédaient. Dans ce jeu organisé, tout était prévisible, rien n’était inconnu et mystérieux. Ce théâtre d’ombres où l’apparence primait faisait planer des mondes et aventures toujours inattendus, avec des possibles mais rien n’arrivait. L’aventure n’était celle que d’une complicité entre amis mais surtout la découverte d’une culture au travers des musiques diffusées au style post punk… Les révélations des groupes tels que U2, Indochine, Joy Division, La Mano Negra, Nuclear Device, New Order, The Cure prenaient plus d’importance que la recherche d’une « touche ».

Au cœur de la nuit, l’alcool, les cigarettes et quelques substances interdites rendaient Matthias et ses amis un peu comme les rois du monde, ce monde caché du soleil où tout avait des couleurs et saveurs différentes. Là était le lieu des « lâchers prises », dans la folie de la musique, de la danse, des rituels de séduction, des éclats de rire, des montées drôlatiques et des descentes flippantes, des entrées et sorties tout aussi peu nettes. Les années 80, une période que Matthias n’était pas prêt d’oublier…

La vie recommencée (suite)

Chapitre 2 : une vie à reconstituer

Il avait peut-être attendu que son divorce soit prononcé pour que Matthias prenne sa décision. Inconsciemment, sans doute, car rien n’était prémédité. Ou bien il était prêt à présent. Dans son corps, dans sa tête, dans tout son être. Pourquoi avait-il tant attendu avant de se décider à vouloir recoller les morceaux ? Parce qu’il en ressentait le besoin seulement maintenant, libéré de toute attache.

Avant que cette séparation officielle n’intervienne, il ne pensait pas replonger dans son passé. C’était peut-être prendre le risque de recommencer une vie sans que la précédente ait été soldée, si par un hasard improbable, les nombreuses pressions que l’entourage pratiquait dans l’ombre depuis la séparation, même si cela s’estompait maintenant, pas assez vite selon Matthias, ne rendaient pas un rabibochage possible. Maintenant qu’une étape de sa vie était achevée, le quinquagénaire devait en rebâtir une autre. Une autre étape, avec cette possibilité d’être le seul capitaine de son navire.

Ce mariage, Matthias ne le reniait pas car, comme l’avait dit le prêtre lors du sacrement, « une nouvelle vie s’ouvre devant vous… ». Il le pensait aussi. Mais pour le jeune marié, ce nouveau départ avait une bien autre signification ; il n’était pas lié à une promesse et un engagement. C’était bien une renaissance. Après des années de brouillard, Matthias voyait enfin le soleil. Julie lui avait lancé une bouée de sauvetage aux couleurs de l’amour, après une profonde dépression dont beaucoup ne pensait pas qu’il en réchappe.

La page tournée, il voulait récupérer ce passé qu’il avait voulu oublier. Pour ne penser qu’à l’avenir, aux projets.

Mais maintenant il voulais SAVOIR et COMPRENDRE.

(21/06/2019)

La possibilité des nuits (suite)

Je me souviens d’une nuit d’été où passaient les étoiles filantes. Sur, une route déserte, dans le haut-var, nous étions quelques amis à revenir à pied d’un bal à quelques kilomètres de là. Le ciel, noir, était très étoilé et aucune pollution lumineuse ne venait gâcher le spectacle.

C’était le moment ou jamais de faire des vœux, puisque les météorites entrant dans l’atmosphère se manifestaient constamment par leur traînées lumineuses et, selon la coutume, c’était l’occasion de penser très fort dans sa tête (sans le révéler à quiconque) ce que l’on désirait le plus au monde, pour soi, pour les autres, pour le Monde. Vu le nombre de possibilités données par la quantité d’étoiles filantes (une toutes les 2, 3 minutes – et souvent plusieurs à la fois), donc autant d’occasions de faire de sa vie un rêve éveillé où tous nos désirs seraient comblés, pouvait-on vraiment cumuler les vœux ?

Je me souviens m’avoir posé cette question un peu idiote, puis d’avoir hiérarchisé mes choix, en finissant en première position par « obtenir le baccalauréat » ! Pas de rêve là-dedans, pas de chose à la hauteur de ce spectacle pourtant grandiose, fantasmagorique, mystérieux… Où l’Homme s’interroge sur sa place sur la terre et dans l’Univers et qui le place dans des questionnements métaphysiques. Y avait-il d’autres vœux qui auraient pu s’avérer plus utiles ? C’est possible…

Dans ce moment, la Nuit donc le spectacle de la Nature apportait des tas de possibilités. Elle nous les apportait sur un grand plateau d’argent. Des possibles bien trop grands pour nous, jeunes adolescents, et finalement trop grands aussi pour tous les hommes, ne sachant que faire avec ce cosmos magnifique et infini que les scientifiques explorent toujours…

(19/06/2019)

La possibilité des nuits (suite)

De ces quelques nuits, j’en avais retenu plus peut-être que les jours. « La nuit, tous les chats sont gris… » disait mon grand-père. Mes jours étaient toujours traversés par des existences partielles, jamais abouties, sujets aux contradictions, revirements constants, aux périodes successives et rapprochées d’euphorie et d’abattement, au doute bien sûr.

Perdu le jour, je retrouvais des chemins connus la nuit. Ceux qui nous donnent à voir, nos propres sentiments et émotions dans une introspection sereine et infinie, les auteurs et les interprètes aussi. Les faiseurs d’Art nous rendent moins seuls et nous sommes avec eux, dans un entre soi gourmand, loin du tumulte aveuglant de la marche du monde en perdition.

Pouvoir mourir en une nuit à défaut de partir, « mourir pour une nuit » comme chante Maxime Le Forestier. « Mourir comme on s’endort, faire la nique à la Mort… ». Puis, « renaître et vivre… » conclue t-il dans cette excellente chanson. Tout ce que la nuit vous apporte nourrit vos propres désirs… « Ecrire, c’est tuer le désir d’écrire » disait Roland Barthes. Et ce désir que l’on tue devient charogne immortelle.

La possibilité des nuits (suite chap. 1)

Les nuits ne sont pas égales. Comme les jours. Comme les moments d’une journée. Comme les années, les décennies, les siècles. Il y a des moments le soir où l’on attend tellement le lendemain qu’on se couche sans broncher, heureux de ce temps passé de la journée ou tellement épuisé qu’on n’attend que de s’allonger au cœur du silence ; où l’on espère tellement du lendemain, de l’importance qu’il revêt que, tel un sportif de haut niveau, l’on repose son corps et son esprit pour qu’au réveil un être neuf se dresse dans la clarté naissante du matin. Là aussi, j’aime me lever dans le silence, captant le moindre bruit. Celui des oiseaux, les premiers à se manifester comme un chant primitif. Tout doit être bruit premier, celui du vent dans les arbres, des gouttes de pluie tapotant sur les fenêtres, de chiens aboyant au loin…

Les nuits ne sont pas les mêmes. On le sait, le sommeil est réparateur ; Morphée vous berce en réclamant de vous les meilleures et moins bonnes choses de votre journée passée et établit un bilan. De rêves ardents aux cauchemars les plus effrayants ou grotesques, il renforce votre puissance d’exister et vous prépare aux jours futurs.

Au contraire des jours, les nuits sont linéaires (même si le sommeil passe par des stades différents) et vous êtes seuls avec vous-même, le silence et le monde. Là, tout est possible. Il n’y a plus de regards que le vôtre sur votre être. Là, du néant peut naître de nouveaux existants qui ne recevront de jugements que celui de votre folie et de votre conscience.

J’aime la nuit, sans être insomniaque, car elle met un peu tout le monde au même niveau. Elle affranchit les différences, repousse les contraintes et accorde des libertés sans limites.

… à suivre…

(8/06/2019)

La vie recommencée

Chapitre 1 : la possibilité des nuits

J’essayais de faire le moins de bruit. Chaque geste était savamment réfléchi et préparé pour créer du silence dans le silence. Je prenais plaisir à cette attitude ou rien n’était brusqué mais tout contrôlé. Tel un chat, ma pesanteur était légère et gracieuse.

Il n’y avait alors pas de différence entre le stade immobile, le mouvement du lever, le dépôt du verre sur la table, puis de nouveau le silence. Dans ce « jeu », je voulais m’extraire de toute vie, m’oublier corps et âme. Me fondre dans l’air et l’espace. Je flottais parmi les molécules et atomes, moi-même en étant constitué.

Aucune raison ne m’obligeait à agir de la sorte, ici, chez moi, où mes bruits n’auraient gêné personne. Il est vrai qu’on était en pleine nuit et que mon voisin du dessus s’était déjà plaint. il est vrai aussi que ce vieil immeuble, mal isolé, faisait traverser d’appartement en appartement toutes sortes de résonances, mal identifiables, à part les bruits de pas du dessus, les portes qui claquent ou les lave-linges en fonctionnement.

… à suivre…

(7/06/2019)

Génèse des vies recommencées

Ce matin, après une nuit encore tourmentée, je me décide à écrire une histoire. Après avoir pris un bain, un déclic venant de je ne sais où me décide de la chose. Tout après je m’attable à mon bureau. Je dis « histoire » car c’est comme ça que je l’imagine. Je n’ose pas parler de roman, c’est bien normal.

Il se trouve que le bain après une nuit d’insomnie, au contraire de ramollir le corps et l’esprit, a cette tendance à vous faire réfléchir et même à décider de choses importantes. la nuit sans dormir y est sans doute pour quelque chose.

Dès lors que dans mon esprit il était clair que j’étais arrivé à un « point de rupture », que je n’avancerais plus sans prendre cette décision, il m’est venu tout un tas d’éléments que tout écrivain se pose avant d’écrire.

Le narrateur prendra t-il le « je » tel l’exercice autobiographique ou sera t-il le pronom « il » qui détacherait l’auteur de son histoire ?

Et s’il met en scène « le héros », comment s’appellera t-il ?

Comment, où et à quelles heures de la journée vais-je réaliser cet écrit ? Quel en sera le titre ? Comment construire ce roman ?

Ça peut sembler bizarre , mais à toutes ces questions que je me suis posées, j’avais immédiatement les réponses.

Ce petit texte n’est pas le début du livre que j’envisage d’écrire même s’il aurait pu l’être.

C’est une sorte de préface où plutôt une « mise en jambes ». Oui, une sorte d’entraînement avant les chose sérieuses.

Ce roman, ce récit, je vais le partager sur mon blog. Et cet écrit ne sera pas imaginaire. Il s’inscrit dans la vie, MA vie. Car je ne peux parler que de ce que je connais et ma vie est un roman qu’il est utile et plaisant de conter.

(6/06/2019)

Envie d’ailleurs

Nuages immaculés au-dessus des étroites rues,

Brises fraîches et légères qui les accompagnent,

Bleu profond du ciel et or étincelant du soleil

Je marche en m’engouffrant dans ce décor.

 

Et une douce chaleur envahit ma peau ;

Respirant profondément cet instant,

Humant les sons, les couleurs et les odeurs du quartier qui s’éveille,

Noyant dans mes sens tout ce qui m’apparaît.

 

J’imagine dans une autre ville,

Au même instant un décor différent ;

Des hommes, des voitures, des immeubles aussi

Mais une chaleur plus étouffante, écrasante.

 

Un sol mélange d’ocre, de pierres et de briques fendues

Où les peaux déjà sombres se protègent des rayons solaires.

Des marchés colorés bruyants

Et toi devant me souriant.

 

(18/04/2019)

Brouillage et droiture

Il ne faut pas prendre tout ce que les gens disent ou écrivent « au pied de la lettre ». Nous avons bien le droit de nous tromper quelquefois mais surtout ce qui est lu ou entendu peut-être mal ou différemment interprété. Par exemple, sur ma poésie « La Nature est tout », il ne faut pas penser que je n’ai pas peur de la Mort. Je rappelle que ce blog n’est pas un manifeste philosophique ou politique, mais bien un terrain d’exercice de création qui est plus lié à l’Art qu’à un site de parti pris ou de nature autobiographique. Tout le monde a le droit de s’exprimer à sa manière, dans un style particulier et dans des opinions personnelles dans cette liberté d’expression à laquelle nous tenons.

Ne donnons pas trop d’importance aux mots mais privilégions les actes. Surtout aujourd’hui avec cette société à la « Orwell » qui fait que Big brother est partout !

Les nouvelles technologies ont une puissance inégalée de travestissement de la réalité ou de la vérité. Non seulement tout ce que nous tapons sur nos ordinateurs et smartphones  laissent des traces indélébiles sur nos disques durs mais sont aussi captés par des serveurs extérieurs (Cloud, Dropbox,…) sur lesquels nous n’avons aucune prise (bien qu’on nous explique le contraire). Ce que nous écrivons, disons nous définissent une fois pour toute, sans que nous ayons la possibilité de le garder pour nous ou le destiner à des récepteurs que nous avons consciencieusement choisis.

Cette société va trop vite. Elle a été remplacée par un autre langage qui brouille singulièrement le message dans sa forme originelle. Tout message aujourd’hui, surtout ceux qui sont en première ligne (les communicants en général, politiques, journalistes, publicitaires), n’a plus de valeur. Le message qui « passe bien » et se « répand », c’est celui des groupes violents (très pauvres en discours mais très médiatiques et même photogéniques) ou des gilets jaunes (message brouillon car fourre-tout, en même temps que radical ou simpliste). Justement, cette perte de valeur dans le message a créé cette crise : c’est un cercle vicieux et non vertueux.

Dans « Les pensées pour moi-même » de Marc Aurèle (IIème siècle après Jésus Christ), l’empereur – philosophe se parle à lui-même pour adopter la meilleure attitude en société (bien qu’il ait été à cette époque ce qu’on pourrait appeler un dictateur aujourd’hui, traitant les femmes et les esclaves selon les us et coutumes barbares de l’Empire romain). Il s’invoque de répondre aux questions de ses semblables sans que ses affects (colère, peur, jalousie, cupidité, désir sexuel, tristesse, dépression) ne transparaissent. Il se donne comme principe d’adopter la pratique de la droiture, une sorte de message spirituel avant l’heure, sans se référer à un Dieu ni à toute autre croyance ou dogme (ni même au stoïcisme auquel on le réfère) ; une éthique selon laquelle tout homme fait ou dit ce pour quoi il a été envoyé dans l’Univers où tout est ordonné (la « Nature universelle »).

Extraits des « Pensées pour moi-même de Marc Aurèle (Livre 3 Pensée 4)

« Il faut s’habituer à ne penser que des choses que telles que si l’on te demandait : que penses-tu maintenant ? tu puisses répondre sur le champ ceci et cela avec franchise. De sorte qu’il sera évident à partir de tes réponses que tout en toi est simple, bienveillant, pensé par un vivant sociable qui ne se soucie pas des plaisirs ni, en un mot, de toutes les images érotiques, ni de la gloire, ni de la calomnie, ni des soupçons, ni de tout ce qui te ferait rougir si tu devais dire que c’est à cela que tu penses ».

(Livre 4 Pensée 9)

« Ne sois pas dégoûté de toi, ne renonce pas, ne t’énerve pas si tu ne fais pas toujours chaque chose à partir des décisions droites. Au contraire, quand tu es par terre, relève-toi, et reviens. Et réjouis-toi si, dans l’ensemble, tes actions sont dignes de celle d’un homme. Aime ce vers quoi tu retournes et ne reviens pas à la philosophie comme vers une maîtresse d’école mais comme ceux qui souffrent des yeux, demandent une éponge et un oeuf et d’autres un cataplasme ou une compresse. Souviens-toi aussi que la philosophie est celle à vouloir ce que veut ta nature et toi tu voulais autre chose qui n’est pas selon la nature. Ainsi, loin de faire étalage de ton obéissance au logos, tu trouveras en lui le repos. Mais qu’y a t-il de plus séduisant que ces choses ? N’est-ce pas par là que le plaisir nous fait tomber ? Oui, mais regarde si la grandeur d’âme, la liberté, la simplicité, la clémence, la piété ne sont pas plus séduisantes. »

Pour en revenir au début de mon propos, il est important d’être tolérant avec ceux qui se trompent et ne pas mettre dans une case ferme et définitive un discours qui aura déplu ou s’oppose à ses convictions. Mais, en même temps, il est important de bien peser ce que nous allons dire ou écrire. Dans l’exemple des Pensées de Marc Aurèle, le philosophe définit cette droiture, non pas basée sur le spirituel mais orientée vers l’extérieur, la vie sociale, à l’écoute du réel et soucieux de transparence. Un langage de vérité, de sincérité, relié à l’ordre naturel qui transparaît dans le discours. Je ne voudrais pas faire de raccourcis faciles ou anachroniques avec l’Empereur Marc Aurèle et le Président de la République, mais je pense que le second pourrait s’inspirer du premier.

Mais comme on l’a vu, le langage et les discours d’aujourd’hui n’ont plus la portée de ceux des philosophes de l’Antiquité.

(09/04/2019)

Texte inspiré de la très bonne émission de France Culture « Les chemins de la philosophie » d’Adèle Van Reeth (28 mars 2019).

Emission « Les chemins de la philosophie »

A lire le livre de l’invité de l’émission Pierre Vesperini qui a publié « Droiture et Mélancolie » Sur les écrits de Marc Aurèle. Editions Verdier. mars 2016. 192 p.

La Nature est tout

La Nature est tout

Elle m’aide à être

Si je meurs

Je meurs

 

Je connais la Mort

Comme la Vie

J’en fais partie

Les deux sont Un

 

Je veux aimer

Pourtant tout le temps

C’est le plus important

Aimer à mourir

 

Car jamais l’amour trépasse

Il traverse l’infini

Mille étoiles le subliment

A travers le Cosmos

 

Cette pensée m’apaise

Et m’aide à réaliser

Que je suis rien et tout à la fois

Pour ne pas avoir peur

 

Jamais je ne changerai

Cet état est en moi

Si je dois mourir

Je mourrai et puis voilà

 

(6/03/2019)

 

 

 

 

 

Renaître

J’étais heureux avant toi aussi

J’avais mille projets rien qu’ici

Optimiste et confiant je restais, amoureux j’étais

Pour cela je n’aurais pas pris d’autres biais

 

Les enfants je les voyais et me rassuraient

Heureux aussi dans le tourbillon de la vie

Entourés des leurs, jamais insatisfaits

Portant leur jeunesse vers des chemins inconnus et joyeux

 

Pas de nuages dans cet équilibre parfait

Le soleil toujours après la pluie

Un printemps, un été puis l’automne

Un hiver glacial où tout se fige pour renaître à nouveau

 

(12/02/2019)

La fille abandonnée

 

Le bar abandonné lache ses derniers clients

Seule une ombre est encore assise à l’intérieur

Au-dessus flottent des volutes bleues

Julia c’est son nom boit une dernière bière

 

En s’approchant l’on devine un corps bien regroupé

Pressée de l’arranger sur de mille détails

la cigarette nerveusement consumée

La demoiselle remue et s’agite

 

En regardant d’un moment à l’autre

Et suivant un ordre mécanique

Ses chaussures, son smartphone

L’écran accroché au mur

 

Il n’y aura plus de bière servie, ni de télé allumée et bruyante

Ni d’appels, ni même de sms ou de notifications

Elle se lèvera et partira seule toute habillée de noir

 

(13/12/2016)

Poésie est magique !

Y a t-il un secret pour écrire une bonne poésie ? Non, pas de secret, pas de recette miracle, pas de magie… Il y a magie, oui, à l’arrivée, quand l' »œuvre » livrée résonne dans les oreilles de son auteur puis de chacun, parle à un imaginaire, un rêve dont nous tous avons fait l’expérience mais qui ne s’est pas cristallisé dans des mots et une musique particulière et sensible. Cette émotion, nous la ressentons tous, pour ceux qui en apprécient le rythme, les sonorités, le thème ou le message.

Lorsque j’ai commencé à écrire des poèmes, j’ai parlé de « fulgurance » à une amie. J’avais écrit trois poèmes de suite sans trop réfléchir à ce que j’allais y mettre. De l’improvisation totale pour satisfaire un besoin quasi vital. Ou une motivation telle de savoir que je pouvais le faire que je m’y suis mis corps et âme. Comme quelqu’un qui reprend une activité dont il a été privé longtemps et qui met tellement de cœur à l’ouvrage, de concentration, d’application, qu’il est lui-même surpris du résultat… (Je rappelle que je n’ai aucune prétention dans ce que j’écris mais que je suis satisfait de ce que je crée, c’est déjà un début !).

Ces premiers poèmes, je ne les ai pratiquement pas modifiés. Ce besoin d’écrire intervenait aussi dans un moment difficile de ma vie où tout se bousculait, autant sur le plan psychologique, sentimental que professionnel. Il fallait absolument que j’exprime mes états d’âme, mes douleurs et sentiments qui, eux aussi, s’entrechoquaient. Puis cette sorte de magie a opéré mais dans des conditions particulières : en pleine nuit, alors que le sommeil ne venait pas, les mots, les phrases, voire les rimes sont arrivés un peu d’eux-mêmes par la pointe de mon plume. Comme si ces mots et ces phrases existaient déjà en moi. J’exprimais alors tous ces sentiments heureux ou malheureux que je ressentais en y apportant une forme, un style qui n’était pas du tout recherché. Tout se construisait comme les pièces d’un puzzle qui était éparpillé. Mais je faisais bien attention à ne rien dévoilé de personnel ou intime. Ce que j’écrivais, tout le monde l’aurait aussi écrit. C’était de l’ordre de l’universel, de l’humain : où l’on retrouve toujours les mêmes thèmes : l’amour, le manque, la jalousie, la joie, la douleur, l’humour, etc…

Etant maintenant beaucoup plus stabilisé, l’inspiration poétique me vient moins naturellement. Et c’est justement par une recherche « précise » que j’envisage une nouvelle création. Je me donne d’abord un thème (avant c’était une sorte de « figure imposée ») puis je puise dans tout ce que l’esprit, la raison, l’imagination, les sentiments, la mémoire me donnent comme « matière première ». Il y a énormément de sources d’inspiration dans notre vie et nous ne le savons pas. Pour ma part, cette inspiration me vient des auteurs, des artistes en général, de la Nature et des gens que je rencontre.

(01/05/2018)