Se bâtir une philosophie (Chap. 5)

Depuis le dernier chapitre, j’évoquais le plaisir de remplir de longues soirées d’hiver. De pensées, d’idées, d’interprétations possibles sur le sujet qui nous intéresse. Cet hiver a fait long feu ou a fait Pschitt, puisque depuis le 21 novembre, cette saison supposée froide voire glaciale ne s’est véritablement jamais installée. Et depuis quelques semaines, la douceur domine… Nous voilà donc peut-être déjà au printemps ! Trois mois après ce 4ème chapitre, l’idée de soirées – tricot s’est avérée anachronique et très décalée.

Mais la pensée, elle, a continué son chemin. Et, même si rien n’a été écrit, beaucoup de choses se sont construites. Autour de ce sujet, autour de la question sociale et politique, ce fil tiré où des compréhensions, intuitions, convictions apparaissent au regard d’événements intérieurs et extérieurs.

Justement, cette volonté de reprendre l’idée saugrenue (à l’époque, pas pour des contemporains éclairés), à travers ses deux discours (« Discours sur les Sciences et les Arts » et « Discours sur l’origine de l’inégalité parmi les hommes »), le philosophe voulant repartir des bases de l’humain, apporte un éclairage sur cette perte d’échelle (nous ne sommes plus « au niveau », plus « raccord ») que nous connaissons actuellement.

Entre l’époque des philosophes des Lumières et la nôtre évidemment un fossé. Pourtant deux siècles « seulement ». Jean- Jacques Rousseau revient bien en arrière dans le temps, dans le temps des Anciens dans l’Antiquité, berceau de la Démocratie : « Les Anciens politiques parlent sans cesse de mœurs et de vertu. Les nôtres ne parlent que de commerce et d’argent… Que nos politiques daignent suspendre leurs calculs pour réfléchir à ces exemples, et qu’ils apprennent UNE FOIS qu’on a tout avec de l’argent, hormis des mœurs et des citoyens « .

Il faut croire que le monde s’est emballé depuis. Et nous en subissons brutalement les conséquences aujourd’hui. Il y a cette idée que l’idéal démocratique et le contrat social proposé par JJ Rousseau n’est plus possible. Mais elle est à réinventer. Il y a deux siècles, les précurseurs du progrès, des Sciences et des Libertés, n’avaient sans doute pas idée du monde actuel.

Certes, le terme « écologie » est relativement ancien. L’allemand Ernst Haeckel l’a défini en 1866. Scientifique, naturaliste mais aussi philosophe et théoricien politique, il appartient au courant moniste. Le monisme dit en substance que tout est lié et relié, qu’il n’y a pas de séparation entre les choses matérielles, le corps et l’esprit, la conscience. Pas de dualité. Son concept était de bâtir une société basée sur l’écologie. Une écologie théorisée, élevée comme Pierre angulaire d’une société harmonieuse, respectueuse de l’environnement (terme mal choisi car l’homme en fait partie intrinsèquement), mais demeurée une science, nouvelle certes, mais à l’égal des autres.

On peut regretter que cette Science finalement essentielle n’ait pas eu meilleur sort tout au long du 20ème siècle…

(17/02/2020)

Publié par

georgescinq

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