Besoin de rien

Impossible de tout voir

De tout expliquer et croire

Impossible de tout lire

De tout écrire et pouvoir

 

Pourtant je veux savoir

Tout du monde avant de déchoir

Car je ne me satisfais de rien

Toujours en quête dans ma tête

 

Notre vie a besoin de rien

Nous qui voulons tout régir

Faire silence pour mieux entendre

Ce qui nous relie au monde

 

(04/04/2018)

Poème forcément triste ?

 – 10 ° C demain et mon dernier poème « plus encore » est toujours d’actualité. J’espère seulement que tout ne va pas se figer et annoncer une nouvelle ère glaciaire ! j’aurais l’impression d’être un oiseau de mauvais augure ou un prophète des temps modernes (bien que le poète figure parmi ses synonymes)…

Les annonces sont toujours marquées par la catastrophe, le changement, une révolution quelle qu’elle soit. Souvent quelque chose de négatif, à part les révélations religieuses qui font espérer un sauveur. N’entendons pas à longueur de journées que le climat se dégrade et qu’il est temps de faire quelque chose (depuis combien de temps le dit-on ?), que ce que nous mangeons et respirons est infesté de substances néfastes ? Je me suis demandé, après une remarque sur ce dernier poème, si la poésie était toujours un peu triste ? Et si elle en  rajoutait  au pessimisme ambiant ? La vraie poésie, celle qui vient du cœur, voire des tripes, est-elle comme le déclamait Alfred de Musset dont « les plus désespérés sont les chants les plus beaux ».

Je suis tombé par hasard sur un poème de Baudelaire que je voudrais vous faire partager. Il s’intitule « Horreur sympathique » : « De ce ciel bizarre et livide, / Tourmenté comme ton destin, / Quels pensées dans ton âme vide / Descendent ? réponds, libertin. // Insatiablement avide / De l’obscur et de l’incertain, / Je ne geindrai pas comme Ovide / Chassé du paradis latin. // Cieux déchirés comme des grèves, / En vous se mire mon orgueil, / Vos vastes nuages en deuil / Sont les corbillards de mes rêves, / Et vos lueurs sont le reflet / De l’enfer où mon cœur se plaît. » (Les fleurs du mal, Spleen et idéal, n°82).

Baudelaire n’est peut-être pas le bon exemple pour dire si la poésie est triste ou gaie… Dans tous les cas la poésie, si elle est bien faite, est belle qu’elle soit triste ou joyeuse. Et c’est la beauté qui touche. La beauté et la gravité que tout homme – dont le poète – porte en lui.

(26/02/2018)

Plus encore

 

Le fleuve cette année là s’était figé

Des brises – glaces avaient même été dépêchés

De sa dureté le froid avait changé le décor

Et la ville révélait un autre monde et plus encore

 

Péniches emprisonnées, eau gelée et marronniers givrés

Neige blanche de salissure des chaussées au blanc scintillant des lueurs

Des dégradés de gris à foison des tons de brumes aux toits des monuments

Un silence assourdissant ou si soudain de brutalité

 

Les rayons du soleil tardaient à apparaître

Car le fog épais s’évaporait quand il voulait

Dans mes souvenirs mon esprit aussi s’était arrêté

Avant de repartir le temps de se réchauffer

 

(7/02/2018)

 

Raison et déraison

 

Voudras tu me les prendre tous mes regrets

que j’ai mis dans mes poches et qui

Par moments alourdissent mon allure

Et m’empêchent de regarder le futur ?

 

J’aimerais qu’il n’y ait plus de passé

Si dense et si lourd qu’il est dur à porter

Partout en moi je le vois si vrai et si faux à la fois

M’a t – il fait ce que je suis devenu ?

 

Faut-il que ce temps soit traversé d’orages

Pour qu’aujourd’hui j’en conçoive le naufrage ?

Tous nous regrettons mais tous nous oublions

Non pas qui nous sommes mais ce que nous étions

(11/12/2017)

Je m’voyais déjà…

Samedi, j’aurai l’immense honneur et plaisir de lire mes créations devant un public (près de 700 participants… intéressés sur Facebook, non ?). M’intéressant de plus en plus à la chose, j’ai découvert il y a un mois environ un article qui parlait d’un premier spectacle « nouveaux talents » façon émission télé « véritables talents » dans une commune proche de chez moi. Un spectacle intégrant des artistes amateurs (musique, danse, magie, poésie,…) lors d’une soirée où un jury et le public lui-même pourra décider du gagnant ou de la gagnante.

Tout s’est fait très vite. J’ai retrouvé cet article et appelé le centre culturel.  » – Allo, est-il possible de venir lire de la poésie de ma composition ? – Oui pas de problème me répond une jeune femme. Remplissez le dossier de candidature et envoyez-le !  » Ce que je fais dans la foulée. Quelques jours plus tard, j’appelle et j’apprends que je suis sélectionné. Le seul poète mais normal car tous les participants proposent un genre artistique différent (y en a t-il eu d’autres auteurs en lice ?).

Le fait d’avoir réalisé ce blog m’a bien servi pour montrer mon travail sans que j’enregistre quoi que ce soit en audio ou vidéo. Mais, écrire des poèmes et les mettre sur un blog est une chose, les lire devant un public en est une autre. J’avoue que j’ai déjà fait un peu de scène mais jamais lire des textes… tout seul. Je n’aurais pas à les apprendre par cœur, c’est déjà ça ! Mais je devrais mettre le ton, de l’authenticité puisque tous ces mots, ces phrases et les sentiments, émotions qu’ils suggèrent à travers l’harmonie poétique sont de moi. Il faudra sans doute de l’impudeur, une sorte de mise à nu… je ne sais pas comment je vais réagir… Le challenge est excitant et peu dangereux : chaque show ne doit pas dépasser 10 minutes et avec mes 6 ou 7 poésies, je ne pourrai de toute façon pas les dépasser. Je vais quand même programmer une bande-son pour habiller tout ça ! Les droits Sacem ont-ils été payés ??

(23/01/2018)